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Le Petit Saint Jeannais

Le Petit Saint Jeannais

Plateforme villageoise participative

Histoire à suivre (to be continued)

Résultat de recherche d'images pour "ville souterraine"

Pendant cette longue période de confinement, j'ai imaginé une fiction dont la trame serait une catastrophe sanitaire permanente suite à des attaques terroristes bactériologiques. Je sais que le sujet est glauque mais il m'inspire. En réalité c'est surtout une façon de relativiser mon sort (notre sort) qui se limite (à l'heure ou j'écris) à un confinement confortable (puisque chez soi) avec l'autorisation d'aller travailler (pour certains) et des créneaux de sorties pour les approvisionnement.

Je vous livre, en live ou presque, le fruit de mes circonvolutions cérébrales au jour le jour à la manière d'une histoire à suivre (to be continued...). Soyez indulgents !

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Cette nuit j'ai fais un cauchemar affreux, tellement affreux que je me suis réveillé en sueur dans un lit en bataille. J'étais en 2045, âgé de 81 ans, dans un appartement minuscule sans fenêtre, au 21 ème sous-sol d'une tour souterraine. Les murs en béton vernis, nus de toute décoration, froids et impersonnels, brillaient de la luisance des matériaux neufs avec une forte odeur de laitance confirmant la jeunesse de la construction. Ou suis-je m'interrogeais-je ? Mon regard parcours cette vaste pièce sans cloison à la recherche de ma femme, de mes objets familiers, de repères mais rien n'est habituel dans mon champ de vision. Curieuse impression qui me laisse penser que peut-être j'ai été victime d'un accident et que je suis à l'hôpital ou quelque chose d'équivalent. Soudain une voie sortie de nulle part annonce que l'établissement va activer la sur pressurisation  à cause d'un nuage viral en approche, les résidents disposent de 5 minutes pour rejoindre leurs caissons hyperbares. Au même moment, dans l'angle opposé à ma position, un coffre dont je n'avais pas souligné la présence s'illumine et son couvercle s'ouvre silencieusement. De celui-ci un voix féminine susurre "il reste 5 minutes avant pressurisation" suivi d'une alarme douce mais persuasive. A cet instant je me demande dans quel piège je me trouve, je me touche pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un mauvais rêve, d'une hallucination toxique ou fiévreuse ou je ne sais quoi mais mon pincement me fait souffrir, je suis bel et bien conscient hélas ! La lumière ambiante baisse en intensité rapidement, le "bip bip bip" sortant du caisson qui à bien y regarder ressemble vaguement à un gros congélo des années 2000, avec un hublot au dessus de ce qui ressemble à l'emplacement du la tête. L'intérieur est anatomique, une couchette recouverte d'un drap en lin blanc, façon linceul parfaitement rectangulaire aux dimensions exactes de l'intérieur du caisson, sans pli sans broderie mis à part une espèces de boutonnière sous l'endroit qui doit correspondre à la nuque. Médusé je comprend qu'il ne reste que quelques instant avant l'obscurité totale et je m'interroge sur ce que je dois faire: rentrer dans le caisson ou rester dehors mais alors que j'hésite cette voix qui annonce que la pressurisation commencera dans 30 secondes dans un bruit croissant d'avertisseur. Instinctivement, je n'ai pas envie de rentrer dans cette boite et mon instinct me dit que je dois remplir ce caisson par quelque chose de lourd aussi je me precipite sur le petit matelas qui couvre le sommier dans le fond de la pièce, je l'installe à peu près correctement et aussitôt le couvercle se referme. La pièce ou je suis est désormais dans l’obscurité et seule une lueur bleu diffusée par l'intérieur du congélateur apporte un halo pâle à travers la lucarne. Le silence règne et le décors digne d'un Kubrick me glace le sang alors même que je sens mon cœur se serrer et j'entend ses battement taper dans mes tempes. Un bruit émanant du caisson me tire de mes pensées, des brides sortent des parois internes du congélo, aux endroits qu'occuperaient les membres et puis à l'emplacement de la boutonnière, en haut, un tube effilé de 5 millimètres de diamètre, façon grosse seringue sort lentement d'environs 5 cm. Vision infernale, que me serait-il arrivé si j'avais obtempéré à l'invite vocale ? Soudain, une sirène se met à hurler, pas celle du sarcophage mais une autre, beaucoup plus puissante et dont la source m'est inconnue. Le son est strident presque assourdissant au point que je suis obligé de boucher mes oreilles afin de ne pas crier de douleur. A cet instant je réalise que quelques minutes seulement viennent de s'écouler entre mon état de conscience et maintenant et je ne comprend toujours pas ou je suis et pourquoi je suis là. (LA SUITE AU PROCHAIN NUMÉRO)

Résultat de recherche d'images pour "couloir en béton"

Subitement le son strident cesse et la lumière illumine à nouveau l’endroit ou je me trouve. Je remarque seulement que cette pièce, outre ne comporter aucune fenêtre elle n’a également aucune porte. Au même moment, sur le mur opposé de l’endroit où je me trouve, un pan de mur semble se détacher et coulisser silencieusement vers la droite, laissant apparaître un couloir tout aussi minéral que cette pièce grisâtre et impersonnelle. Une lumière rouge, comme celle d’un laboratoire de développement photographique, éclaire ce qui pourrait ressembler aux parties communes d’une cave d’immeuble.

Sans plus réfléchir, je m’approche de l’ouverture afin d’appréhender les lieux et tenter de savoir pour quelle raison je me retrouve dans cet endroit inconnu mais ma réflexion est aussitôt interrompue par des bruits de pas venant de la gauche du corridor. Je me dis que je vais enfin avoir des réponses à mes interrogations. Les pas sont accompagnés de sons de voies, je les entends très faiblement sans comprendre et au fur et à mesure que les bruits se rapprochent les voies sont plus audibles mais également plus inquiétantes car jamais je n’ai entendu un tel langage avec une telle phonique. C’est comme un mélange de paroles, de sifflements  et de bruits de gorge un peu comme si un mainate compilait en une tirade différents sons entendus autour de lui. Je devine que les marcheurs ne sont plus loin, peut-être avant le coude du couloir que j’aperçois à 10 mètres. Tout cela ne me plait guère, je regarde vers la droite pour m’assurer que le couloir est libre et, d’un bond, je quitte ma cellule en courant devant moi en quête d’une issue dans un endroit inconnu. Le couloir se scinde en deux : vers la droite ou vers la gauche. J’opte pour la droite et je continue ma course, l’angoisse me noue l’estomac, j’ai le souffle court et des perles de sueurs coulent de mon front. Dans ma progression j’ai le temps de réaliser que ces longs couloirs que j’arpente sont lisses, aucune porte, aucune signalisation rien sur les murs ni au sol ni au plafond comme un tunnel brut de décoffrage. Pourtant une lumière douce mais puissante sortie d’on ne sais où brille généreusement sans générer d’ombre, je n’ai jamais vu cela auparavant. Derrière moi, les voies de mainates deviennent plus audibles et je comprends immédiatement qu’une certaine agitation règne à l’endroit que j’ai fui, peut-être parce que je n’y suis plus !

Mes sens en alerte, je cherche une issue, une porte, une échappatoire mais alors que le doute commence à me gagner le mur lisse devant moi s’ouvre comme cela c’était produit dans ma cage de béton et un robot, ayant une vague ressemblance avec R2D2 mais bien plus grand, en sort. Il tourne à droite, ne faisant aucun cas de moi, comme si j’étais transparent. Avant que la porte magique ne se referme je me glisse par l’ouverture et stupéfait je ma retrouve dans une espèce d’hangar ou de nombreux robots de tous genres ainsi que des machines plus étranges les unes que les autres sont soigneusement rangés. Certains sembles branchés d’autres donnent l’impression d’être en réparation, je suis dans un atelier de maintenance. (LA SUITE AU PROCHAIN NUMERO) 

Résultat de recherche d'images pour "immense atelier vide"

Dans le fond de la salle un bruit attire mon attention, je me baisse pour ne pas être vu. Silencieusement, je me glisse entre les rangées de droïdes et de casiers pour m’approcher de cette source sonore qui me fait penser à une visseuse.

Je réalise que depuis mon réveil, il faut bien dire réveil puisque je me trouve dans un endroit que je ne connais pas, sans avoir la moindre idée des raisons et conditions d’arrivée, je n’ai vu âme qui vive. Aucun bruit autre que ce bzzzzzzzz intermittent et ce silence glacial accroît ma détresse.

Doucement, en observant ces étranges machines dont je n’arrive pas à imaginer la fonction, je progresse à travers cet immense espace dont la surface et la hauteur permettrait certainement d’entreposer plusieurs dizaines d’avions gros porteurs. Après de longues minutes, j’arrive à proximité du bruit qui malgré sa faible puissance déchire le silence. Un mur ou plutôt une cloison haute barre l’espace mais j’entends distinctement ce qui se passe derrière elle.

Bien caché derrière un rang de cassiers, j’entreprends une observation détaillée de mon environnement et je reste sidéré par la lumière ambiante, identique en tous points depuis ma fuite de la cage au congélo, d’une intensité égale même dans ce gigantesque volume mais dont on ne voit pas la source et qui ne provoque aucune ombre aux objets et aménagements. Les murs et le plafond sont entièrement nus. Pas même une caméra de surveillance ni de haut parleur. Rien, lisses et de couleur gris béton.

 

Vingt et un étages plus haut, à l’extérieur, la vaste plaine au milieu de laquelle la station de survie est enfouie, l’horizon est couvert d’une prairie verdoyante et luxuriante. Les herbes hautes mêlées aux arbres élancés ondulent sous l’effet du vent donnant l’impression de vagues vertes caressant les jambes de ces colosses de cellulose. Un franc soleil dispense une lumière teintée d’or ce qui donne une sensation de chaleur malgré la fraîcheur matinale. Cet océan de verdure s’étend à perte de vue sans la moindre présence de construction ni d’activité. Seule la légère brise soufflant de l’Est et qui glissant sur l’herbe et les feuilles brise le silence. Le ciel azure est vierge de tout nuage et cette limpidité n’est troublée par aucun artifice ni oiseau. Pas même d’insecte qui habituellement vrombissent dès les premières lueurs du matin. Les animaux ont l’air absents eux aussi ; la vaste prairie n’est traversée par au chemin ni aucune route. Les pistes que laissent le gibier et la faune sauvage n’existent plus. La Nature a repris ses droits sur Terre en quelques décennies seulement. Toutes les formes de vie sauvage autre que végétale ont disparues, définitivement !

Résultat de recherche d'images pour "vaste prairie"

Loin dans le ciel, une masse sombre progresse du nord vers le sud. Un bruit d’hélices se précise à l’approche de ce qui semble être un gros drone. Ces quatre rotors propulsent l’engin avec vitesse et agilité s’arrêtant souvent dans un vol stationnaire comme pour scruter le sol. Au loin un autre appareil, identique, entame la même danse, par saccades, à la recherche de traces de vie ou d’indices d’une présence. Lentement, selon un parcours méthodiquement séquencé, toute la surface de la planète bleue est scannée. Inlassablement depuis le 16 mars 2020, triste jour ou la vie brutalement disparue, des milliers d’appareils volants cherchent le dioxyde de carbone, le traceur propre à la vie animale, le souffle de la vie. (LA SUITE AU PROCHAIN NUMERO)

 

 

 

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